L’organisation WAA-ONGD à Goma demeure inquiète face à la souffrance des déplacés qui s’accroiti
Sous une atmosphère humide, sans pardessus, deux petits garçons au ventre bedonnants, pieds nus enflés sans chaussures aux habits déchirés et les cheveux décolorés par la maladie de kwashiorkor, pleurent à chaude larmes en tirant leur maman par la main. Cette dernière qui se tient débout devant un abri provisoire, avec un regard errant sans espoir retient ses larmes et essaient de calmer ses enfants sans savoir comment les rassurer. Elle a fui la guerre du M23 et se trouve dans le site de RUSAYU en provenance du territoire de Masisi et depuis le mois d’octobre 2022 :
« Je m’appelle *Marthe, je viens du village de Kitchanga , dans le territoire de Masisi, nous nous sommes séparés d’avec mon mari pendant la fuite, je me suis retrouvée seule avec mes deux enfants ici à RUSAYU, cela fait plus de 3 mois que nous sommes dans ce site des déplacés sans nourriture, je crains fort pour mes enfants qui souffrent maintenant de cette malnutrition chronique, je fais du mieux que je peux pour aider mes enfants ; mes efforts sont insuffisants, nous vivons dans cet abri mais nous trouvons difficilement à manger, tout ce que je vous demande c’est de m’aider à faire un plaidoyer pour que mes enfants trouvent les soins appropriés »nous a-t-elle témoigné.
« L’absence de l’assistance en vivre dans ce site en quantité suffisante, cause la malnutrition, Les conditions précaires dans lesquelles vivent les déplacés favorisent différentes maladies, l’absence des installations sanitaires en nombre suffisant également en devient la cause » explique monsieur NZITONDA Espoir qui est déplacé dans le site de RUSAYO.
Selon le bulletin d’analyse de la sécurité alimentaire dans la province du Nord-Kivu, publié par le programme alimentaire mondiale en Mars 2023, il a été constaté que la situation de la province du Nord Kivu demeure préoccupante sur le plan de la sécurité alimentaire, environ 81% des ménages dans les zones affectées par les crises au niveau de la province souffriraient de la faim globale. Les territoires les plus touchés seraient: Rutshuru (94%), suivi de Masisi (91%), Nyiragongo (90%) et la ville de Goma (80%). Le suivi de deux grandes crises majeures M23 et ADF laisse croire que cette situation risque de perdurer pendant toute la période de préparation de la campagne agricole (Petite saison). Rappelons que les territoires de Rutshuru, de Masisi et de Nyiragongo sont ceux qui produisent plus des produits agricoles pour approvisionner la ville de Goma et ses environs mais actuellement ces derniers sont occupés par les rebelles du M23.
Une situation de guerre interne qui s’empire depuis le début de l’année 2022
Au mois de novembre 2021, les hostilités entre les FARDC et les rebelles du M23 ont repris, la situation sécuritaire dans la province du Nord-Kivu en général et dans les territoires de Rutshuru, Nyiragongo et Masisi en particulier s'est considérablement détériorée. Cette guerre continue à occasionner le déplacement massif des populations qui sont cantonnées dans différents sites des déplacés dans la ville de Goma. Selon le rapport de l’OCHA publié en juillet 2022, depuis le début de l’année 2022, plus d’un million de personnes sont en situation de déplacement interne, causé par la guerre opposant le M23 et les FARDC. Le total des personnes déplacées en RDC est de près de 5,53 millions. Les femmes représentent plus de 51% de cette population déplacée. Et le nombre des déplacés continue à accroitre chaque jour. Dans les villages occupés par les rebelles, ceux-ci commettent des violations des droits de l’homme ; les femmes et les enfants en sont plus des victimes.
Le bilan semestriel dû aux conséquences de la guerre dans la province du Nord-Kivu reste alarmant
La population en provenance des zones occupées par les M23 continue à accroitre dans les sites des déplacés et se voit vouée à elle-même, cette dernière demeure victime des violences basées sur le genre.
Dans son discours, madame Prisca LUANDA la conseillère principale du gouverneur du Nord-Kivu en charge du genre, lors du lancement de la campagne des 16 jours d’activismes a mentionné à titre illustratif, les violences faites à la femme et à la jeune fille : « Selon les statistiques de la banque mondiale, 29% des femmes à l’âge de procréer subissent des violences physiques au sein des couples, plus de 31% des femmes sont des victimes des violences psychologiques et 34% des violences conjugales entrainant des blessures graves dans 36% des cas. La RDC n’étant pas épargné de ce fléau, je tiens à apporter à la connaissance de l’auguste assemblée et à attirer son attention sur le fait que d’après les informations recueillies de la base des données sur les Violences Basées sur le Genre de la division provinciale du genre, notre province a à elle seule enregistré 35477 cas déclarés des violences basés sur le genre, de Janvier à Septembre 2023, parmi lesquels 82% des victimes sont des femmes contre 18% d’hommes » a-t-elle déclaré.
La carence des besoins en première nécessité expose les enfants des déplacés au vagabondage
Les assistances humanitaires n’étant pas suffisantes dans les sites des déplacés, plusieurs enfants, en provenance de ces sites sillonnent la ville de Goma à la quête des nourritures, en passant porte à porte pour demander aux personnes de bonne volonté afin d’apporter un peu d’aide à leurs familles. Ces enfants âgés entre 8 et 12 ans garçons et filles, circulent les quartiers de la ville de Goma, tout en s’exposant aux viols et autres risques liés au vagabondage. *Amina, une petite fille âgée de 11 ans, tenant un petit sac en caoutchouc à la main qui passe de porte à porte pour demander de la nourriture, a accepté de nous parler de son parcours : « cela fait plus de 6 mois que nous sommes dans le site des déplacés, nous vivons avec notre mère et mes 4 petits frères et sœurs, parfois nous faisons autant des jours sans manger ; deux de mes petits frères souffrent actuellement de la kwashiorkor, ma mère n’arrive pas à s’occuper de nous 5 , car mon père ne vit pas avec nous. C’est pourquoi je circule pour l’aider à trouver de la nourriture ». Nous a-t-elle témoigné
L’organisation Waza and Act s’investi à fond par ses propres moyens pour apporter son aide humanitaire aux nécessiteux.
Le 15 Avril 2023 l’organisation WAZA AND ACT a apporté son soutien à 125 personnes vulnérables vivant avec handicap dans le site de RUSAYU.
Cette activité est intervenue dans le cadre d’assistance aux personnes déplacées vivant avec handicap dans le site de RUSAYO. Le financement de cette dernière ayant été limité, n’a pas pu atteindre les 600 personnes handicapées identifiées au mois d’Avril par l’organisation Waza and Act vivant dans ce site. Faisant preuve d’empathie et d’amour, cette organisation humanitaire a apporté un sourire tant soi peu sur les visages de ses bénéficiaires. Ces derniers n’ont pas manqué d’exprimé leur gratitude.
Le 17 Mai 2023, l’organisation WAZA and Act a sensibilisé plus de 150 femmes déplacées vivant dans le site RUSAYU, cette sensibilisation qui s’est porté sur la thématique de la prévention et la lutte contre la malnutrition a connu la participation des différents déplacés se trouvant dans ce site. Par la même occasion, Waza and Act a apporté une formation sur la préparation de la bouillie riche en élément nutritifs composée par la mélange des plusieurs farines riches en éléments nutritifs
Plusieurs activités organisées à l’intention des déplacés et des habitants de la ville de Goma, continuent à être réalisées par l’Organisation Waza and Act jusqu’à ce jour, pour apporter de l’aide à l’humanité par ses fonds propres bien que limités, afin d’apporter la solution pour ceux qui sont plus dans les besoins
C’est ainsi que WAZA and ACT lance un SOS aux personnes de bonne volonté à le rejoindre et le soutenir pour aider les personnes en situation difficile notamment les déplacés de guerre.
Une action, Un monde meilleur!
Toutes les categories
Articles récents
(+243) 819795060, (+243) 991901271
info@wazaandact.org